Une catégorie encore en formation
Legal Decision Intelligence n’est pas aujourd’hui une norme juridique ou une catégorie réglementaire stabilisée. Le terme est utilisé pour des approches différentes : exploitation de la connaissance interne, analyse de risques, modélisation de scénarios ou étude de décisions judiciaires. Pour rester utile, une définition d’entreprise doit donc préciser les décisions couvertes, les sources mobilisées et le rôle conservé par l’humain.
Mirmi emploie le terme pour désigner une boucle décisionnelle gouvernée. Une question nouvelle est comparée à la pratique réelle de l’organisation, complétée par le cadre juridique utile lorsque le périmètre l’exige, puis orientée vers une action autorisée. La décision finale enrichit la mémoire sans transformer automatiquement une exception en règle.
Les quatre piliers d’une décision réutilisable
Une réponse devient une intelligence de décision lorsqu’elle montre non seulement un résultat, mais aussi ce qui le soutient, la portée de ce soutien et ce que l’utilisateur peut faire ensuite.
- Mémoire interne : contrats, positions, politiques, validations et exceptions restent reliés à leur contexte ;
- Preuves : chaque conclusion renvoie vers les passages, dates et sources réellement utilisés ;
- Gouvernance : rôles, seuils et permissions déterminent qui peut décider, demander un avis ou escalader ;
- Boucle d’apprentissage : la décision humaine, ses corrections et son périmètre sont conservés pour les situations futures.
Ce qui la distingue d’un chatbot, d’un CLM et de la recherche juridique
Un chatbot fournit une interface de question-réponse. Un CLM organise le cycle de vie du contrat. Une base documentaire retrouve des fichiers. La recherche juridique identifie des textes, décisions de justice ou analyses externes. Chacune de ces briques peut contribuer à une décision, mais aucune ne constitue à elle seule une Legal Decision Intelligence.
La couche décisionnelle relie ces systèmes sans effacer leurs responsabilités. Le CLM ou SharePoint peut rester le système de référence, la recherche externe conserve sa provenance et le workflow continue de porter les autorisations. La valeur vient de la continuité entre preuve, précédent, action et décision enregistrée.
Exemple : traiter une modification contractuelle
Lorsqu’une contrepartie modifie une clause de responsabilité, Mirmi retrouve les accords et décisions comparables, montre les différences de contexte et qualifie l’alignement avec la position approuvée. Si les preuves et le seuil couvrent la situation, l’équipe voit les actions prévues par son workflow. Si le cas est nouveau ou sensible, l’acceptation reste indisponible et Legal reçoit le point avec ses sources.
Après la décision, le résultat rejoint l’historique avec son auteur, sa date, son contexte et son statut. Une exception peut ainsi rester consultable sans devenir un standard applicable à tous les contrats.
Les exigences minimales d’une plateforme fiable
La qualité d’un modèle ne suffit pas. Une plateforme de Legal Decision Intelligence doit maîtriser les données, les accès, la provenance et les comportements en cas de preuve insuffisante.
- permissions héritées des systèmes sources et isolation par client ;
- citations au niveau du passage et conservation de la provenance ;
- séparation entre pratique interne, recherche externe et contenu généré ;
- abstention ou escalade lorsque la couverture est insuffisante ;
- journal des sources consultées, scores, actions et corrections humaines ;
- localisation, flux et responsabilités documentés pour le déploiement retenu.
Comment déployer un premier périmètre
Commencez par une famille de décisions fréquentes, coûteuses à reconstruire et suffisamment documentées. Mesurez la situation initiale, qualifiez les sources qui font autorité, définissez les cas couverts et les exceptions, puis ouvrez le service à un groupe d’utilisateurs identifié.
Le passage à l’échelle dépend de la qualité observée, pas du volume importé. Chaque extension doit conserver un propriétaire, des permissions, un seuil de couverture et une route d’escalade explicites.
- temps moyen mobilisé par demande ;
- part des demandes résolues sans nouvelle recherche ;
- taux et motif des escalades ;
- couverture des réponses par des sources vérifiables ;
- corrections humaines et cohérence des décisions dans le temps.
Hébergement et contrôle des données
Les décisions juridiques, contrats et corrections constituent un actif sensible. Dans le SaaS Mirmi, l’infrastructure applicative et les données clients sont hébergées en France chez Scaleway, dans la région fr-par. Les données sont isolées par client et ne servent pas à entraîner ou enrichir les réponses d’un autre client.
Un VPC dédié ou un déploiement on-premise peut être étudié lorsque le périmètre l’exige. Dans chaque cas, les intégrations, services spécialisés, flux et responsabilités doivent être documentés dans l’architecture retenue.